Exubérance, petites fleurs blanches

1-J’ai nettoyé, émaillé et contre-émaillé une pièce carrée de 30,5 cm X 30,5 cm. J’ai pensé utilisé le blanc opale OP 835 (Thompson) pour la première fois pour couvrir entièrement le fondant émaillé sur toute la surface de la pièce. Ce blanc, selon mon amie Michèle, permet aux émaux transparents d’exprimer leurs belles couleurs. Cet opale exige une cuisson à forte température. J’ai dû en appliquer deux fois pour obtenir un blanc immaculé. Ma pièce de cuivre n’est pas de grande qualité, je dois alors minimiser le nombre de cuissons afin d’empêcher le cuivre de se déformer en refroidissant. Beau défi puisque j’ai déjà fait 4 cuissons.

2-L’étape suivante n’est pas simple, je dois faire plusieurs essais sur une plaque pour obtenir le vert désiré. Finalement, c’est un mélange de T-160 (vert moyen) et de T-506 (jaune citronné) qui répond le plus à ma vision du vert que je veux obtenir. Tout de suite après, je dépose les fleurs séchées sur le fond blanc en ayant pris soin de bien étendre une couche d’huile de lavande sur la surface blanche. Pour chacune des fleurs, j’installe un petit bout de papier collant qui me servira de poignée pour les retirer délicatement de la plaque sans accrocher les poudres vertes et jaunes qui seront appliquées. Tout d’abord, je trace une ligne noire au crayon directement sur la plaque pour délimiter la zone qui contiendra le vert. Je dépose les fleurs et je commence par la couleur la plus foncée (T-160) et je termine par la couleur qui illumine ce vert. (T-506) sur la partie du haut.

3-Puis je retire les fleurs une par une en me servant de pinces. Je nettoie les fleurs et je fais sécher. Je fais cuire ce vert.

4-Lorsque le haut de la plaque est émaillé, je m’attaque au bas de la plaque. Je choisis un brun et un rouge. Je les applique dans la partie du bas qui est encore blanche. Je décide alors d’utiliser la technique de l’instillé à l’eau. Je remplis une seringue et je verse de l’eau un peu partout sur la poudre. Ensuite, je relève la plaque à la verticale pour faire descendre l’eau et je tourne la plaque dans les airs aussi pour permettre à l’eau de de créer d’autres sillons. Je fais sécher. J’enfourne.

5-J’ai l’idée de modifier cette photo sur ma tablette Ipad à l’aide de mon Apple pen. Je vais colorer et dessiner sur cette photo pour explorer toutes les possibilités. On y voit de gros reflets de lumière, je vais essayer de les camoufler un peu. Je salis un peu le vert avec du orangé opaque. Je trace le cœur des fleurs à l’aide du crayon Apple pen ainsi que j’esquisse les branches tombantes.

Voici le résultat final:

Détails de l’œuvre:

Adresses émaillées

Petite histoire des plaques d’adresses montréalaises

À compter de 1909, les propriétaires montréalais se voient ainsi obligés de se procurer auprès de l’administration municipale une plaque d’adresse. Montréal avait fait fabriquer une grande quantités de plaques pour s’assurer de leur uniformité graphique.  Des employés municipaux se chargeaient de l’installation. Au cours du temps, les plaques se sont présentées en quelques couleurs: sur fond blanc, noir ou bleu.  Aujourd’hui les nouveaux propriétaires recherchent ces plaques mais ils doivent les commander à l’Émaillerie normande de Caen.  Ils peuvent les recevoir dans un délai d’environ 3 semaines.

Je suis propriétaire d’une maison à Montréal et j’ai conservé mon adresse émaillée.  L’ancien propriétaire l’avait rangée dans une armoire au sous-sol. Nous sommes très fiers de l’avoir réinstallée sur le mur de notre maison.

Plaques d’acier émaillées de Montréal. (photo 1)

 

Voici l’adresse qui sera installée au chalet (photo 2).  Je voulais moderniser mon adresse qui avait perdu de son lustre. J’ai donc décidé d’émailler 4 plaques de cuivre. J’ai donc utilisé encore une fois l’ordinateur pour aller choisir les modèles de mes chiffres.  J’ai agrandi suffisamment chacun des chiffres et je les ai imprimés sur papier blanc épais. Je les ai découpés pour former des pochoirs. J’ai émaillé les plaques en blanc. Puis j’ai placé un chiffre en papier sur la première plaque en prenant bien soin de mouiller le pochoir au pinceau pour le faire adhérer sur la plaque. Puis j’ai saupoudré de vert foncé transparent. Il fallait ensuite retirer le pochoir délicatement à l’aide de pinces.

Quelques mois plus tard, nous avons rencontré une grande artiste qui sculpte des enseignes en bois. Elle est très connue pour ses magnifiques enseignes.  Son atelier se trouve à Sainte-Mélanie.  Elle se nomme Lucie Landry. Elle nous a accueille toujours chaleureusement et ses prix sont très raisonnables. Lorsque nous avons vu qu’elle avait réussi à intégrer les quatre plaques émaillées tout en peignant le lac et son île, nous avons été emballés.  Merci Lucie!

                    Adresse du chalet (photo 2)

 

 

Les pylônes électriques

Bonjour à tous!

J’ai voulu imaginer des pylônes électriques un peu plus jolis. Pourquoi les pylônes ne pourraient pas être des sculptures géantes portant une symbolique… un esthétisme…

Voici les étapes que j’ai suivies tout au long de la réalisation de ce tableau.  J’ai d’abord commencé par une couche de fondant. Puis au pochoir, j’ai saupoudré les formes des pylônes en noir opaque. Pourquoi la couleur noire? Parce l’Hydro-Québec coupe beaucoup d’arbres pour installer ces fameux pylônes. Cette compagnie peut raser de très beaux arbres sur le bord des routes aussi pour planter de nouveaux poteaux électriques. L’arbre noir représente un arbre coupé.

Pochoirs, photo 1

Cloisonné au fil d’argent et paillon d’argent, photo 2

 

Par la suite, j’ai travaillé sur des dégradés de couleurs: verts, jaunes et bleus.

Étape suivante, des motifs au fil d’argent ont été créés pour représenter des poutres stylisées. De petites formes rectangulaires sont tapissées de paillon d’argent. Comme vous le voyez, le troisième pylône n’est pas encore complété.

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Essai à l’ordinateur à partir de la photo 2

Pylônes électriques jazzés terminés

Lorsque le travail du fil et du paillon est terminé, il faut planifier les couleurs qui seront appliquées dans les formes tapissées de paillon d’argent. Donc j’ai eu l’idée d’utiliser l’ordinateur. J’ai pris une photo du tableau et j’ai ajouté des couleurs grâce au logiciel Word. J’ai pu aussi créer des effets de fils de lumière. Les possibilités sont infinies. Il a fallu faire un choix parmi toutes les couleurs que vous voyez sur cette photo

 

Les pylônes sont terminés…enfin!

Voici le résultat final (à droite). J’ai ajouté d’autres pylônes plus petits pour donner de la profondeur au tableau. C’est toujours difficile de photographier un émail sur cuivre. Il y a souvent des reflets.

Je critique Hydro-Québec mais je sais que les pylônes sont un mal nécessaire. Cette compagnie québécoise nous aide à mieux vivre et constitue une des bases de notre économie. On peut toujours rêver de pylônes «jazzés»…

 

Maison de brique sous le vent

Maison-2

Détail de la porte

Maison-4

Détail de la fenêtre

 

Maison-1Chers lecteurs,Voici une façade de maison qui a pris plusieurs cours d’émail à réaliser. La difficulté la plus grande a été de représenter les briques et la pierre. Nous avons dû repenser la couleur des briques plusieurs fois. Nous avons utilisé des poudres opaques et des opales. La partie facile fut de faire les fenêtres et la porte en cloisonné.Vous pouvez dénombrer plusieurs techniques; le cloisonné, l’encre et la poudre mouillée. La technique du pochoir a été très utile pour dessiner les briques, les nuages et les herbes au premier plan.

 

 

 

Un bijou en émail sur cuivre à Tokyo, rien de trop beau!

En janvier de cette année, je reçois une lettre du Japon à la maison.  Je vois le timbre japonais et je me demande qui peut bien m’envoyer une lettre du Japon? J’ouvre l’enveloppe et je découvre que c’est une invitation à participer au 26ième concours international de bijoux d’émail sur cuivre cloisonné de Tokyo.

L’exposition aura lieu du 8 au 14 avril prochain au musée Royal Ueno de Tokyo.  Je n’en crois pas mes yeux et je me dis qu’ils n’accepteront jamais un de mes bijoux!  Je me demande qui a pu donner mon nom à des japonais?  Mystère!  Je décide quand même d’essayer et d’en envoyer un et de l’oublier.  Comme a dit un de mes amis: ” Il faut que tu sois prête à ne plus jamais revoir ce bijou”.

Pendentif - Vague rouge

Eh bien, à ma grande surprise, j’ai reçu un carton dans une enveloppe m’annonçant que mon bijou sera bel et bien exposé au concours.

International Cloisonne Jewelry Contest - Tokyo - Réponse positive

Wow! je suis folle de joie!  Maintenant je crois savoir que l’organisateur est passé par l’association pour obtenir mon nom.

J’adoooore les associations! 

Mon portfolio est maintenant en ligne!

Je suis très fière de vous annoncer que, dès maintenant, vous avez accès à des photographies de mes œuvres à partir de la barre de menu où se trouvent deux nouvelles sections: Portfolio et le menu “Œuvres en détail”.

Les photographies sont de Bruno Légaré, mon conjoint, qui gère aussi ce blogue.

Toutes mes œuvres peuvent être consultées sous forme de diaporama et dans le “Portfolio”, celles-ci sont regroupées par catégories: les plaques émaillées, les objets et les bijoux.

La section “Œuvres en détail” vous présente un diaporama pour chacune de mes œuvres, regroupant des photos d’ensemble et détaillées.

Étapes de la réalisation d’un tableau en émail sur cuivre

Je vais maintenant, à l’aide de photos, vous montrer les différentes étapes de la réalisation d’un tableau en émail sur cuivre.  Vous constaterez que c’est un travail de planification et de résolution de problèmes qui demande parfois de la réflexion.

Élisabeth Beaulieu - Émail sur cuivre - Oeuvre: Tsunami / Dessin

Émail sur cuivre / Tsunami - Première étape du dessin

Tout d’abord, toute démarche artistique demande une certaine recherche accompagnée d’un coup de cœur.  J’ai consulté les œuvres de certains artistes et j’ai eu le coup de foudre pour l’arbre de vie de Gustave Klimt.  Cet arbre a été utilisé dans plusieurs œuvres de l’artiste.  Il est magnifique et féérique.  Je me suis donc inspirée de cet arbre car je pouvais voir la possibilité de le cloisonner. J’ai simplifié cet arbre car je m’en inspire, je ne cherche pas à le copier intégralement.  Il faut d’abord en faire un croquis puis un dessin.  Vu que mon dessin ne présentait que peu de branches, je me suis questionnée sur la composition.  J’ai compris qu’il fallait remplir les espaces entre les branches.  Je ne voulais pas répondre au stéréotype classique  de l’arbre en y ajoutant des feuilles.  Je ne voulais pas non plus y ajouter des oiseaux comme l’a fait Gustave.  J’ai alors pensé aux poissons et la possibilité d’un tsunami. Dans le bas, j’ai pensé y dessiner des algues avec un certain mouvement.   Voilà j’étais lancée.

Par la suite, j’ai émaillé une plaque de cuivre assez épaisse puisqu’elle est très grande (12 po x 10).  Puis on commence à former le dessin à l’aide de fil d’argent.  On plie le fil en suivant les courbes du dessin.  On assemble tout les segments de fil sur la plaque à l’aide d’une gomme arabique qui se dissout lors des cuissons.  Elle ne laisse aucune trace.  Lorsque le fil est bien installé sur la plaque émaillée, on l’amalgame en cuisant le tout très rapidement.  On peut débuter le travail de planification des couleurs.

Élisabeth Beaulieu - Émail sur cuivre - Oeuvre: Tsunami / Cloisonné

Émail sur cuivre / Tsunami - Deuxième étape, fixation du fil d'argent pour le cloisonné

Élisabeth Beaulieu - Émail sur cuivre - Oeuvre: Tsunami / Dessin

Émail sur cuivre / Tsunami - Première application de poudre

Il faut comprendre que la planification d’une œuvre d’émail sur cuivre est importante car il faut maximiser le saupoudrage des couleurs pour minimiser la somme des cuissons.  On sait que la plaque de cuivre peut tordre et se déformer si elle va trop souvent au four.  En même temps il faut penser à notre fil qui peut disparaître si la plaque est trop longtemps laissée dans le four.  Tout est question d’économie.  Souvent on effectue des cuissons immatures: aspect givré sur la surface de l’émail.Les couleurs sont appliquées en pensant aux dégradés.  Par exemple, le tronc de l’arbre peut contenir plusieurs couleurs qui se fondent l’une dans l’autre.  On note toujours les couleurs utilisées sur le dessin car, parfois il faut revenir pour intensifier les couleurs car le saupoudrage n’est pas toujours parfait.

Élisabeth Beaulieu - Émail sur cuivre - Oeuvre: Tsunami / Dessin

Émail sur cuivre / Tsunami - L’œuvre évolue

Puis vers la fin, on ajuste la lumière.  Voilà la fameuse résolution de problème!  Comment augmenter la luminosité, la chaleur et les contrastes pour rendre l’œuvre plus vivante.  Vers la fin, je me demande toujours si j’ai intégré les couleurs primaires, si j’ai joué avec les couleurs complémentaires et si j’ai répondu à mon thème: le tsunami.  C’est alors que mon professeur m’a expliqué que mon thème n’était pas suffisamment exploité.  Elle m’a suggéré d’y ajouter une vague blanche.  La vague créerait du mouvement  et ajouterait de la luminosité du même coup.  De plus, je voulais utiliser de la “frite” mais je savais qu’il faudrait attendre la dernière cuisson.  La frite est un morceau de verre qui ressemble à une petite roche transparente.  Lorsqu’on l’amalgame au four, elle fond légèrement et devient transparente.  Mon professeur m’a dit que ça pourrait se faire maintenant qu’il y a une vague.  C’est logique!  Mais avant je devais régler le problème de la luminosité dans le haut de l’arbre. Saupoudrer du blanc sur les poissons leur a donné de la rondeur et de la lumière, mais le contraste était faible.  C’est alors que je me suis dit, il faut saupoudrer le bout des branches avec du noir pour avoir un contraste avec le fond de l’œuvre.  Pour équilibrer le fond j’ai saupoudré du jaune doré et cela a tout changé.  J’étais très satisfaite de mon travail.

Élisabeth Beaulieu - Émail sur cuivre - Oeuvre: Tsunami / Final

Émail sur cuivre / Tsunami - Version finale

À la toute fin on signe l’émail sur cuivre, on ajoute de la frite et voilà le travail.  Il ne reste plus qu’à aller voir l’encadreur.