Exposition d’œuvres d’émail sur cuivre de plusieurs émailleurs

Les loisirs Christ-Roi organisent le Festival Culturel qui aura lieu les 2 et 3 mai prochain de 10h00 à 16h00.  Lors de cette exposition vous pourrez admirer les résultats du travail accompli par les élèves du cours d’émail sur cuivre de Françoise Bombardier ainsi que ceux des élèves des autres cours; poterie, peinture, photographie, dessin.

Si vous voulez voir ce qui se fait et si vous êtes intéressés à peut-être suivre des cours d’émail sur cuivre, voilà une bonne occasion de venir nous rencontrer.  Cette exposition se fait en toute simplicité dans le sous-sol de l’église Christ-Roi, située au 9485 rue Berri, Montréal.  Entrée gratuite.

J’y exposerai quatre de mes œuvres mais je vous assure que les émailleurs ont tous un style propre à eux.  Vous verrez que l’émail sur cuivre est un art bien vivant et qu’il est sorti du placard poussiéreux où l’on tentait de le ranger.

À vous de découvrir!

Un bijou en émail sur cuivre à Tokyo, rien de trop beau!

En janvier de cette année, je reçois une lettre du Japon à la maison.  Je vois le timbre japonais et je me demande qui peut bien m’envoyer une lettre du Japon? J’ouvre l’enveloppe et je découvre que c’est une invitation à participer au 26ième concours international de bijoux d’émail sur cuivre cloisonné de Tokyo.

L’exposition aura lieu du 8 au 14 avril prochain au musée Royal Ueno de Tokyo.  Je n’en crois pas mes yeux et je me dis qu’ils n’accepteront jamais un de mes bijoux!  Je me demande qui a pu donner mon nom à des japonais?  Mystère!  Je décide quand même d’essayer et d’en envoyer un et de l’oublier.  Comme a dit un de mes amis:  » Il faut que tu sois prête à ne plus jamais revoir ce bijou ».

Pendentif - Vague rouge

Eh bien, à ma grande surprise, j’ai reçu un carton dans une enveloppe m’annonçant que mon bijou sera bel et bien exposé au concours.

International Cloisonne Jewelry Contest - Tokyo - Réponse positive

Wow! je suis folle de joie!  Maintenant je crois savoir que l’organisateur est passé par l’association pour obtenir mon nom.

J’adoooore les associations! 

Les associations d’émailleurs

Bonjour, je voudrais vous parler des associations d’émailleurs.  Un jour, mon mari m’a offert un cadeau surprenant.  Il m’a inscrite à «The Enamelist Society», une organisation internationale consacrée à l’art de l’émail sur cuivre .  Je suis donc devenue membre en 2012 et j’ai renouvelé mon «membership» en janvier dernier. Ils ont accepter de publier un lien vers mon blogue.  Il y a sur leur site une grande quantités de liens d’artistes extraordinaires.  Jetez-y un coup d’œil, je vous en prie, vous verrez de belles choses.  En visitant leurs sites, je me suis dit que j’avais des croûtes à manger.  Il y a des gens qui dédient leur vie à l’émail et leur travail est inestimable.

Ce que j’apprécie beaucoup c’est qu’il m’envoient une publication chaque saison pour parler d’un rétrospective d’un artiste, de nouvelles techniques ou d’ateliers donnés tout au long de l’année par des artistes.  Les fournisseurs aussi annoncent leurs produits.

Je connais un peu moins l’Association Canadienne des Émailleurs mais je sais qu’elle veut remettre à jour sa liste d’émailleurs.  Elle prépare en ce moment une exposition qui s’intitulera  «Fire and Fusion». Ils font appel aux émailleurs canadiens dans le but d’exposer les artistes dits «classiques» et «innovateurs»  Ils pensent exposer une trentaine d’oeuvres variées.  Je devrais peut-être poser ma candidature et peut-être aussi un jour faire parti de cette autre association.

Mon portfolio est maintenant en ligne!

Je suis très fière de vous annoncer que, dès maintenant, vous avez accès à des photographies de mes œuvres à partir de la barre de menu où se trouvent deux nouvelles sections: Portfolio et le menu « Œuvres en détail ».

Les photographies sont de Bruno Légaré, mon conjoint, qui gère aussi ce blogue.

Toutes mes œuvres peuvent être consultées sous forme de diaporama et dans le « Portfolio », celles-ci sont regroupées par catégories: les plaques émaillées, les objets et les bijoux.

La section « Œuvres en détail » vous présente un diaporama pour chacune de mes œuvres, regroupant des photos d’ensemble et détaillées.

Étapes de la réalisation d’un tableau en émail sur cuivre

Je vais maintenant, à l’aide de photos, vous montrer les différentes étapes de la réalisation d’un tableau en émail sur cuivre.  Vous constaterez que c’est un travail de planification et de résolution de problèmes qui demande parfois de la réflexion.

Élisabeth Beaulieu - Émail sur cuivre - Oeuvre: Tsunami / Dessin

Émail sur cuivre / Tsunami - Première étape du dessin

Tout d’abord, toute démarche artistique demande une certaine recherche accompagnée d’un coup de cœur.  J’ai consulté les œuvres de certains artistes et j’ai eu le coup de foudre pour l’arbre de vie de Gustave Klimt.  Cet arbre a été utilisé dans plusieurs œuvres de l’artiste.  Il est magnifique et féérique.  Je me suis donc inspirée de cet arbre car je pouvais voir la possibilité de le cloisonner. J’ai simplifié cet arbre car je m’en inspire, je ne cherche pas à le copier intégralement.  Il faut d’abord en faire un croquis puis un dessin.  Vu que mon dessin ne présentait que peu de branches, je me suis questionnée sur la composition.  J’ai compris qu’il fallait remplir les espaces entre les branches.  Je ne voulais pas répondre au stéréotype classique  de l’arbre en y ajoutant des feuilles.  Je ne voulais pas non plus y ajouter des oiseaux comme l’a fait Gustave.  J’ai alors pensé aux poissons et la possibilité d’un tsunami. Dans le bas, j’ai pensé y dessiner des algues avec un certain mouvement.   Voilà j’étais lancée.

Par la suite, j’ai émaillé une plaque de cuivre assez épaisse puisqu’elle est très grande (12 po x 10).  Puis on commence à former le dessin à l’aide de fil d’argent.  On plie le fil en suivant les courbes du dessin.  On assemble tout les segments de fil sur la plaque à l’aide d’une gomme arabique qui se dissout lors des cuissons.  Elle ne laisse aucune trace.  Lorsque le fil est bien installé sur la plaque émaillée, on l’amalgame en cuisant le tout très rapidement.  On peut débuter le travail de planification des couleurs.

Élisabeth Beaulieu - Émail sur cuivre - Oeuvre: Tsunami / Cloisonné

Émail sur cuivre / Tsunami - Deuxième étape, fixation du fil d'argent pour le cloisonné

Élisabeth Beaulieu - Émail sur cuivre - Oeuvre: Tsunami / Dessin

Émail sur cuivre / Tsunami - Première application de poudre

Il faut comprendre que la planification d’une œuvre d’émail sur cuivre est importante car il faut maximiser le saupoudrage des couleurs pour minimiser la somme des cuissons.  On sait que la plaque de cuivre peut tordre et se déformer si elle va trop souvent au four.  En même temps il faut penser à notre fil qui peut disparaître si la plaque est trop longtemps laissée dans le four.  Tout est question d’économie.  Souvent on effectue des cuissons immatures: aspect givré sur la surface de l’émail.Les couleurs sont appliquées en pensant aux dégradés.  Par exemple, le tronc de l’arbre peut contenir plusieurs couleurs qui se fondent l’une dans l’autre.  On note toujours les couleurs utilisées sur le dessin car, parfois il faut revenir pour intensifier les couleurs car le saupoudrage n’est pas toujours parfait.

Élisabeth Beaulieu - Émail sur cuivre - Oeuvre: Tsunami / Dessin

Émail sur cuivre / Tsunami - L’œuvre évolue

Puis vers la fin, on ajuste la lumière.  Voilà la fameuse résolution de problème!  Comment augmenter la luminosité, la chaleur et les contrastes pour rendre l’œuvre plus vivante.  Vers la fin, je me demande toujours si j’ai intégré les couleurs primaires, si j’ai joué avec les couleurs complémentaires et si j’ai répondu à mon thème: le tsunami.  C’est alors que mon professeur m’a expliqué que mon thème n’était pas suffisamment exploité.  Elle m’a suggéré d’y ajouter une vague blanche.  La vague créerait du mouvement  et ajouterait de la luminosité du même coup.  De plus, je voulais utiliser de la « frite » mais je savais qu’il faudrait attendre la dernière cuisson.  La frite est un morceau de verre qui ressemble à une petite roche transparente.  Lorsqu’on l’amalgame au four, elle fond légèrement et devient transparente.  Mon professeur m’a dit que ça pourrait se faire maintenant qu’il y a une vague.  C’est logique!  Mais avant je devais régler le problème de la luminosité dans le haut de l’arbre. Saupoudrer du blanc sur les poissons leur a donné de la rondeur et de la lumière, mais le contraste était faible.  C’est alors que je me suis dit, il faut saupoudrer le bout des branches avec du noir pour avoir un contraste avec le fond de l’œuvre.  Pour équilibrer le fond j’ai saupoudré du jaune doré et cela a tout changé.  J’étais très satisfaite de mon travail.

Élisabeth Beaulieu - Émail sur cuivre - Oeuvre: Tsunami / Final

Émail sur cuivre / Tsunami - Version finale

À la toute fin on signe l’émail sur cuivre, on ajoute de la frite et voilà le travail.  Il ne reste plus qu’à aller voir l’encadreur.

Les poudres utilisées pour l’émail sur cuivre

Les surfaces colorées d’une œuvre en émail sur cuivre sont obtenues en faisant fondre diverses poudres colorées, transparentes, opaques ou même opales. J’aimerais vous parler de la fabrication des poudres, des différentes catégories et de leurs propriétés et à quel point ce matériau est central dans la production des émaux sur cuivre.

Les poudres d’émail sur cuivre sont en fait des poudres de verre. Elles sont composées en grande partie de silice (dioxyde de silicium). Le point de fusion de la silice se situe à 1730 degrés Celsius. Lorsque la silice se vitrifie, elle forme une masse solide. Si on y ajoute des fondants (oxydes), alors la fusion de la silice se fait à des températures plus basses. Les poudres de verre colorées existent depuis des siècles. Elles contiennent des pigments. On ajoute des minéraux ou oxydes métalliques à la silice et on obtient ainsi plusieurs couleurs. Ainsi les fondants, silice et oxydes métalliques et stabilisants sont fusionnés puis, refroidis sur des plaques. Lorsque ce verre coloré est refroidi on le broie et on le pulvérise. Les grains de poudres peuvent aussi être pulvérisés à différentes grosseurs car certaines techniques d’émaillages exigent des poudres fines ou plus grossières. Selon la combinaison des éléments ajoutés à la silice, on obtient aussi des degrés variés de dureté de verre et de températures de fusion.

Poudres d'émail sur cuivre

Une partie de mon inventaire de poudres d'émail sur cuivre

Lorsqu’on utilise une technique d’émaillage, il faut parfois tenir compte du degré de dureté du verre utilisé. Lorsque je prépare une pièce avec un motif cloisonné au fil d’argent par exemple, je dois utiliser une poudre ayant un degré de fusion bas, car si le verre est très dur, cela va demander un four plus chaud et cela risque de brûler le fil d’argent du cloisonné.

C’est bien beau tout ça, mais rien n’est simple. La plupart des émailleurs que je connais travaillent avec des poudres contenant du plomb. Le plomb a deux fonctions, il abaisse le point de fusion et rend le verre plus brillant. Après avoir travaillé avec les poudres, on se lave les mains et le visage car le plomb peut s’infiltrer dans l’organisme.

Il existe peu de fabricants de ces poudres dans le monde et c’est une production plutôt artisanale. Nous avons longtemps travaillé avec les poudres Thompson qui, je pense, ne sont maintenant plus disponibles avec plomb. De plus, certaines couleurs sont devenues très rares. Alors on se tourne de plus en plus vers les poudres de la cristallerie St-Paul en France, fabricante des Émaux Soyer qui offrent encore des poudres contenant du plomb.

Le cloisonné

Le cloisonné est une très ancienne technique.  Les arabes auraient introduit cette technique en Chine vers le 13e siècle. Pendant plusieurs siècles, les chinois ont développé cette technique avec virtuosité.

Émail sur cuivre : Poissons

Émail sur cuivre / Poissons - Détail du cloisonné

Le cloisonné est une technique qui demande de la dextérité mais qui produit son effet.  Il faut d’abord émailler une pièce de cuivre avec du Fondant et on émaille le dessous aussi.  Ensuite on utilise du fil d’argent ou de cuivre. Pour ma part, je n’utilise que le fil d’argent.  Ce fil est en fait un ruban mince et pliable.  Le fil épouse les traits du dessin fait sur le papier.  Puis on dépose le fil  sur sa tranche  sur la pièce émaillée.  Ce qui est le plus difficile c’est de fixer le fil sur la pièce  avec de la gomme adragante appliquée sur la tranche de ce dernier.  Le fil doit tenir en place pour respecter le dessin et pour former des cloisons bien étanches.  Lorsqu’on est satisfait du résultat, on tamise du fondant en poudre sur le fil pour lui permettre de s’amalgamer à la pièce pendant une légère cuisson.  Lorsque le fil est est fixé grâce à la fusion du verre, on remplit les cloisons de couleurs.  Cette technique exige qu’on limite le nombre de cuissons et la durée de chaque cuisson puisque le fil d’argent peut fondre et diminuer de volume.  Il faut donc travailler au pochoir et planifier l’ordre des cuissons des couleurs.  Le travail terminé ressemble à un bijou.  Vous pouvez regarder les photos de mon blogue, toutes les oeuvres sont des émaux cloisonnés au fil d’argent.

Et voilà !

Ces artistes-peintre émailleurs uniques

J’aimerais vous parler des émailleurs que j’admire.  Lorsque je regarde une oeuvre je n’ai pas tout de suite un coup de coeur.  Je regarde d’abord la ou les techniques utilisées. Ensuite je découvre la maîtrise de l’artiste, la liberté de son geste.

Il y a deux semaines j’ai visité un brocanteur et il m’a montré un émail qui ressemblait à une icône de la vierge et l’enfant.   C’était une oeuvre de Marcel Dupond.  Cet artiste a introduit cet art au Québec  en 1948.  Il avait initié quelques personnes dont un Monseigneur.  Il utilisait plusieurs techniques: le découpage du cuivre, le martelage, la poudre humide et l’encre.  Je ne sais pas si c’est juste mais il faudrait que je vérifie ces informations.  Je l’admire parce qu’il était un précurseur.

J’ai découvert, lors de mon adolescence, Bernard Séguin-Poirier.  J’étais au Salon des Métiers d’art place Bonaventure et je suis restée bouche bée devant une de ces oeuvres.  J’avais déjà expérimenté l’émail sur cuivre et je voyais devant moi quelqu’un qui avait tenté de s’exprimer sur une surface immense.  Cela m’a fasciné.  Déjà, il se sentait limité par les fours à émaux qui nous limitaient à de petits formats.  Il avait émaillé plusieurs rectangles et les avait juxtaposés pour former un grand tableau.  J’ai tout de suite compris que cet artiste irait plus loin.  Souvent, lorsque j’ai le temps, je flâne aux Ailes de la mode et je regarde ses murales.  J’ai l’air d’une fan finie devant  ces immenses plaques émaillées.  Les couleurs sont magnifiques.  Le temps semble s’arrêter…

Je veux aussi vous parler de Claude Bérubé dont j’ai vu trois oeuvres complètement différentes.  Je comprends aujourd’hui la valeur de cet artiste.  Il a ouvert son école pour favoriser la diffusion de cet art. Il avait une formation solide acquise à l’École des Beaux- Arts.  Il était considéré comme un virtuose.  Il avait expérimenté plusieurs techniques.  Il jouait beaucoup avec les transparences alors que la mode était aux poudres opaques. Je possède une de ses pièces et lorsque la lumière du soleil y entre, c’est magique et merveilleux.

Je pourrais vous parler de Pierrette Leclaire qui pouvait émailler des vases ou d’immenses assiettes.  J’ai manqué son exposition « rétrospective » et je le regrette.  J’ai vu beaucoup de photos sur ses oeuvres mais ça ne rend pas justice à la beauté de ses créations.

Je pourrais vous parler de madame Françoise Bombardier, mon professeur, c’est une artiste de la perfection en émail.  La beauté de ses dessins, des dégradés de couleurs, ses cloisonnés, des fondus réussis à la perfection… me rappellent que je dois encore apprendre et encore travailler.

Bref, je pourrais continuer longtemps à vous parler de tous les émailleurs mais je n’ai pas pu admirer leurs créations.  Peut-être qu’un jour…

Biographie de l’artiste

Cours d’émaux sur cuivre avec l’artiste émailleur Ghislaine Chouinard vers l’âge de 11 ans.

Cours d’aquarelle suivis avec l’artiste Roy Garand.

Certificat en arts plastiques de l’UQAM.

Cours d’émaux sur cuivre suivis avec l’artiste peintre émailleur Françoise Bombardier depuis 6 ans

Participation aux expositions annuelles organisées par les loisirs Christ-Roi en collaboration avec la ville de Montréal.

Depuis mon enfance, je suis fascinée par l’émail.  Suite au cours de madame Chouinard, mes parents m’ont acheté un four et tout l’équipement nécessaire.  Seule, dans mon atelier, je fabriquais des bijoux que je vendais à mes camarades de l’école secondaire.  Puis 30 ans plus tard, j’ai entendu parler d’un professeur formidable, madame Françoise Bombardier.  Cette enseignante passionnée et dévouée nous montre que les techniques sont nombreuses et qu’on peut vraiment développer un style personnel.

Bonjour!

Mon premier billet de blogue! Je suis contente de commencer à bloguer.  Mon objectif est de vous faire connaître cet art qui est très ancien et très complexe.  Vous aurez des informations sur les techniques, les matériaux, mes oeuvres, mes expositions.  J’en profiterai aussi pour exprimer des opinions concernant tout ce qui touche le vécu d’un artiste, ses difficultés, ses grandes joies aussi etc…